Lors d’un séjour à Curaçao, déguster un poisson grillé face à la mer est souvent une priorité absolue. Cependant, entre le vivaneau qui commence à se faire rare et le thon qui a parfois plus voyagé que vous pour arriver dans l’assiette, faire un choix éco-responsable à Curaçao peut vite devenir un casse-tête (surtout après votre deuxième Margarita).
Chez The Little Green Boat, notre engagement pour l’océan va au-delà de nos sorties en mer. Nous croyons que la préservation des récifs passe aussi par la fourchette. Voici notre analyse pour manger local, durable et surtout, éviter de finir avec un poisson qui aurait dû rester dans l’eau.
Les 5 poissons à privilégier pour leur durabilité
1. Le Lionfish (Poisson-Lion) : le "Serial Killer" délicieux
C’est le choix n°1, le plus éthique. Pourquoi ? Parce que c’est une espèce invasive qui dévore tout sur son passage. En gros, c’est le seul poisson où l’on vous encourage à en demander deux fois pour sauver la planète. C’est l’équivalent écologique de faire une bonne action en mangeant.
- Le goût : Une chair blanche, fine, très proche de celle du mérou.
- Où le déguster : L’adresse incontournable est Lionfish Caribbean. Ils sont tellement investis qu’ils transforment même les épines en bijoux. On ne peut pas faire plus « zéro déchet » que de porter ses restes de dîner en boucles d’oreilles.
2. Le Mahi-Mahi : la star des eaux libres
Contrairement aux poissons de récif qui prennent leur temps pour grandir, le Mahi-Mahi vit vite et se reproduit tôt. C’est le sprinteur de l’océan, ce qui le rend bien plus résilient face à la pêche.
- Le goût : Ferme, savoureux et parfait pour ceux qui n’aiment pas quand ça sent « trop le poisson ».
- Où le déguster : Direction Jan Thiel chez Villa Vis ou Brisa do Mar. C’est frais, c’est local, et c’est surtout l’endroit idéal pour s’offrir un vrai festin de la mer sans l’agitation des grands complexes.
3. Le Red Snapper (Vivaneau) : apprenez à déchiffrer le menu
C’est ici que la confusion règne. Le mot « Snapper » est un peu le « fourre-tout » des menus. Si le serveur reste évasif, c’est souvent mauvais signe.
- La règle d’or : Un snapper identifié (pêche locale du jour) ? On fonce. Un snapper anonyme et congelé ? On passe.
- Où le déguster : Kas Di Piskado Purunchi à Piscadera. Ici, pas de chichis : le poisson passe directement du bateau à la cuisine. Plus frais, il faudrait le manger sous l’eau.
4. Le Thazard (Wahoo) : le steak de la mer
Ce poisson migrateur vit au large et ne dépend pas de la santé immédiate du récif. C’est une espèce robuste, parfaite pour un repas consistant.
- Le goût : Une chair très dense. C’est le poisson préféré de ceux qui, au fond, auraient préféré commander un steak, mais qui veulent rester dans le thème « vacances ».
- Où le déguster : De Visserij à Piscadera. Soyez patients, il y a souvent la queue, mais le jeu en vaut la chandelle.
5. Le Rainbow Runner (Galopin) : le trésor méconnu
Le Galopin, c’est le poisson que les touristes ignorent mais que les locaux s’arrachent. Il subit beaucoup moins de pression de pêche que ses cousins célèbres.
- Le goût : Quelque part entre le thon et le maquereau. Riche en oméga-3, parfait pour soigner votre coup de soleil de l’intérieur.
- Où le déguster : Pour mettre la main sur un Galopin, fuyez les zones trop touristiques et visez l’authentique. Le meilleur spot reste le Plasa Bieu (Old Market) à Punda, où les cuisinières locales le préparent de manière traditionnelle. Vous pouvez aussi tenter votre chance dans les Snàks (restaurants locaux) autour de Spanish Water. Si vous avez une cuisine à disposition, allez voir les pêcheurs tôt le matin au Marché Flottant de Willemstad : s’ils en ont remonté dans la nuit, il n’y aura pas plus frais sur toute l’île !
Les espèces à éviter (laissez-les tranquilles s’il vous plait)
Certaines espèces jouent un rôle trop crucial dans l’équilibre de l’écosystème pour finir grillées :
- Le Mérou (Grouper) : Il met une éternité à grandir. En manger un, c’est un peu comme abattre un arbre centenaire pour faire un cure-dent.
- Le Requin : Ils ont déjà assez de problèmes comme ça. En plus, ils sont bien plus utiles pour maintenir l’ordre sur le récif que dans votre estomac.
- Les Raies : Elles sont magnifiques à observer en plongée, beaucoup moins à découper.
- Le Snapper « mystère » : Si personne ne sait d’où il vient, il y a fort à parier qu’il n’aurait pas dû être là.
Le conseil du capitaine
Pour un tourisme responsable, n’ayez pas peur de poser la question qui tue : « Est-ce que les poissons sont frais ? ». Si le serveur vous regarde avec des yeux de mérou frit, changez de choix.
De l'assiette à l'océan
C’est bien beau de les manger (les bons), mais c’est encore mieux de les voir vivants. Si vous voulez découvrir la biodiversité de Curaçao sans les foules, venez faire de la plongée depuis le rivage avec nous. On vous montrera qui est qui sous l’eau.
Et pour finir la journée en beauté (et sans effort), rejoignez-nous pour un tour en bateau au coucher du soleil. On sortira l’hydrophone pour écouter les poissons « parler ». Spoil : ils ne discutent pas de leur place sur le menu, mais le bruit d’un récif en bonne santé est bien plus relaxant que n’importe quelle playlist Spotify.
En choisissant bien votre poisson au resto, vous nous aidez à garder l’océan plein de vie. Et ça, c’est plutôt une bonne raison de porter un toast, non ?